vendredi 17 février 2012
ALBUM DU MOIS DE JANVIER 2012 : Gilles Peterson presents Havana Cultura - The Search Continues

Il y a une quinzaine d’années le cinéaste Wim Wenders et le guitariste Ry Cooder avaient brillamment remis le "son" (prononçez "sonne") cubain au goût du jour en relançant Ibrahim Ferrer, Eliades Ochoa et bien d’autres glorieux papis de la scène traditionnelle sous la désormais célèbre bannière du Buena Vista Social Club.
Peut-être influencé par l’écho planétaire de ce succès, la célèbre marque de rhum Havana Club a décidé de lancer en 2008 un ambitieux projet de mécénat culturel afin de promouvoir la nouvelle génération d’artistes de la capitale cubaine (musique, cinéma, peinture, danse…).
La plate-forme Havana Cultura était née.
Infatigable chasseur de notes, Dj et producteur émérite, qui de mieux que Gilles Peterson pour en superviser la partie musicale ?
Après un premier double-album remarquable paru en 2009 puis une série de remixes à la sauce electro, Gilles s'est entouré du Dj/producteur anglais Simbad ainsi que du producteur dubstep Mala pour concocter un nouveau voyage en deux parties au sein d'une ville qui transpire la musique.
Sur le premier disque on retrouve le Havana Cultura Band formé par le légendaire pianiste Roberto Fonseca toujours accompagné de plusieurs guests vocals issus de la nouvelle scène cubaine (notamment l'excellente chanteuse hip-hop Danay et le duo Ogguere).
La seconde partie rassemble une collection de morceaux de jeunes artistes cubains sélectionnés par Gilles.
ALBUM DU MOIS DE NOVEMBRE 2011 : Kouyaté et Neerman - Skyscrapers & Deities - Leave No Trace

D’un côté, le joueur de balafon Lansiné Kouyaté, de l’autre, le vibraphoniste David Neerman. Ensemble, ils forment un duo des plus détonants, jouant une musique aux consonances africaines mais nourries d’influences rock, jazz, qui lui donnent une originalité folle.
En 2008, le duo Kouyaté-Neerman débutait une collaboration avec un premier album assez remarquable "kangara", mélangeant déjà des sons africains à des musiques occidentales. Trois ans plus tard, leur second opus, "skyscrapers & deities", constitue une nouvelle étape dans le travail de collaboration entre le français et le malien, avec une volonté de proposer un album encore plus fouillé, proposant une palette sonore encore plus large. Bien leur en a pris ca cette album se révèle être une des choses les plus passionnantes entendues durant cette rentrée.
Réunissant autour d’eux la kora de Ballake Sissoko, la voix d'Anthony Joseph, la batterie de David Aknin ou la contrebasse d’Antoine Simoni, ils revisitent le "Requiem pour un con" de Gainsbourg et mettent un peu de rock indé dans la musique africaine en construisant des morceaux savamment arrangés, entre jazz, rock ou dub, dans lesquels le son du vibraphone trouve des raisonnances toutes particulières grâce à un jeu de branchements assez audacieux.
De tout ça, ils tirent un album d’afro-beat moderne, varié et très harmonieux, aux ambiances cinématographiques, ou par moment presque psychédéliques, et dont on n’a jamais vraiment fini de faire le tour. Une perle !
ALBUM DU MOIS D'OCTOBRE 2011 : Fool's Gold - Leave No Trace

La formation Fool's Gold, auteur d'un nouvel album baptisé "Leave No Trace", a sensiblement réduit ses effectifs depuis sa création, en passant de douze à cinq membres. Fini le concept de « collectif », ses musiciens, adeptes d'un registre pop/afro du meilleur effet, ont détaillé les conséquences de cette configuration inédite dans une récente interview parue dans le Figaro : "les gens ont arrêté de jouer avec nous parce qu'ils devaient faire d'autres choses dans leur vie. En devenant un plus petit groupe, on a réalisé que c'était plus intime et qu'on pouvait mieux se concentrer sur les détails. Désormais au nombre de cinq, on a l'impression qu'on a plus de liberté pour vraiment se concentrer sur nos chansons, ce qui nous était impossible quand on était plus nombreux. On est devenu quasiment une famille."
Une famille qui s'est enfermée dans un studio modeste et qui a recouru à de vieilles machines analogiques pour réaliser ce disque. D'emblée, le résultat séduit. Le titre "The Dive", qui ouvre l'album, donne le ton. La suite est tout aussi entraînante. Les tempos de Fool's Gold rappellent souvent ceux de Men At Work, qui avait signé l'imparable tube "Down Under". D'autres observateurs les comparent volontiers à Vampire Weekend. Pourtant, les intéressés n'y voient aucune filiation. Durant la réalisation de "Leave No Trace", Fool's Gold est resté fidèle à son style ouvert sur le monde. Là, réside sa grande force. Attiré par les rythmes congolais, éthiopiens ou maliens, ses membres ont toujours su mélanger les cultures musicales.
"Leave No Trace" n'est pas une grande révolution par rapport à son successeur. Ce qui le caractérise, c'est l'abandon des textes en hébreu, qui créait cet effet de surprise en concert et sur disque. Mais c'est sur scène que les Fool's Gold ont le mieux à offrir.
Un album qu'on ne peut que recommander en cette période de fêtes.
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