On sait à quel point la découverte des rythmes amplifiés de Konono N°1 a eu un impact particulièrement puissant sur toute une génération de musiciens, séduits par ces atmosphères de transe finement ciselées à l’aide de likembés amplifiés. Quarante ans après leurs débuts dans les faubourgs de Kinshasa, l’empreinte sonore tradi-moderne du groupe semblait en parfaite adéquation avec certaines orientations récentes, en particulier lorsqu’on touche aux relectures des musiques traditionnelles africaines, à l’usage d’instruments bricolés ou à certaines orientations en matière de drones.En grande partie grâce à la visibilité acquise par Konono N° 1, toute une scène congolaise se faisait connaître du public occidental par le biais de la série Congotronics. Ces différents aspects prennent des tonalités particulières à travers le projet “Tradi-Mods vs Rockers” dans lequel un éventail très large d’artistes ont été invités à retravailler le répertoire de Congotronics. Vingt-six titres qui témoignent de l’engouement unanime pour cet avatar électronique en provenance d’Afrique de l’Ouest.
Qu’il s’agisse des violons aériens d’Andrew Bird ou de la techno hypnotique de Mark Ernestus, en passant par les incantations dissonantes de Shackleton ou le radicalisme formel d’Oneida, ces relectures disparates conservent une étonnante cohésion d’ensemble et participent à faire ressortir les relations entre des traditions musicales trop souvent dissociées. Loin de figer l’Afrique dans une sorte d’invariant analogique, les fusions de “Tradi-Mods vs Rockers” démontrent une fois de plus à quel point le continent à bénéficier d’une évolution synchrone en matière de prospections électroniques.
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